Les frères Bouroullec, designers poètes.

Vitra, Kartell, Ligne Roset, Issey Miyake, Cappellini… Ils ont signé des projets pour les plus grandes maisons internationales. Les designers français Ronan et Erwan Bouroullec bousculent les idées reçues avec des réalisations contemporaines sobres et graphiques. Une créativité hors norme, poétique, inspirée par le monde végétal et qui s’impose entre la recherche et l’industrie. Rencontre conceptuelle tout en pudeur et exigeance avec ces grands talents du design.

Symbiose


Ronan : “On travaille l’un et l’autre véritablement en symbiose, je ne sais pas si “symbiose” est le terme juste, mais en tout cas, à chaque question qui se pose, -et là je parle du détail de vissage entre deux éléments dans une chaise, de la photographie qui va représenter la chaise finale, etc-, chaque détail est discuté entre Erwan et moi. C’est vraiment une alchimie inextricable. C’est impossible pour moi de vous dire que l’influence d’Erwan a été plus forte sur tel ou tel projet ou que, dans tel autre, j’aurai eu la main. C’est vraiment quelque chose de très sinueux, c’est vraiment une création à quatre mains, deux cerveaux, c’est un ping pong permanent entre les idées qu’on s’échange, des discussions, des batailles… C’est quelque chose de très compliqué que d’être créateur et de devoir négocier à certain moment un point de vue.  L’objectif étant de n’être à aucun moment consensuel mais que deux caractères se rencontrent pour avoir une proposition supérieure à ce qu’individuellement l’un et l’autre on pourrait produire.”

Style

Erwan :On nous pose souvent la question du style, a priori, on n’aime pas trop y répondre, je ne sais pas en fait… Je pense qu’en tout cas, un fil conducteur qu’il y a dans notre travail, c’est que Ronan et moi, on essaye de beaucoup “concentrer” les projets. Par “concentrer” je veux dire qu’on essaye d’avoir une ou deux idées claires d’un projet et pas d’idées “parasites”. Ça se voit dans la réalité du projet lui-même parce que souvent il n’y a qu’un seul matériau, une ou deux couleurs maximum, ce sont des choses très condensées, très fortes mais aussi assez simples.”


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