L’acné à l’âge adulte ? On dit non !

Boutons et points noirs, on croyait leur avoir dit adieu. Ils reviennent en force à l’âge adulte. Presque la moitié des femmes entre 19 et 45 ans sont concernées par le phénomène. Heureusement, des traitements existent pour tous les cas.

Trente, quarante ans et encore des boutons, c’est enrageant de constater que l’acné ne fait pas de dégâts seulement chez les ados. On croyait en être débarrassée et ça recommence de plus belle. Voire même pire : on n’en a jamais eu et on doit faire face tout d’un coup à un problème de peau qui nous tombe dessus sans crier gare. Une présentation hyper importante et crac, le voilà à coup sûr qui pointe le bout de son nez : un bouton des plus disgracieux, quand ce n’est pas une colonie sur le bas du visage. Dur d’assumer alors que l’apparence physique est si importante de nos jours. Estime de soi en berne, cette maladie de peau affecte nos relations professionnelles et notre bien-être psychologique, social et sentimental. Une source d’anxiété dont on se passerait bien, mais l’acné à l’âge adulte est bien plus courante qu’on ne croit. 45 % des femmes sont touchées par ce fléau, qui se manifeste de façon différente chez les femmes trentenaires. Ce ne sont pas quelques points noirs gênants, mais bien de gros boutons rouges localisés surtout sur la mâchoire inférieure.

Les causes de l’acné
Les causes de l’acné à l’âge adulte ? Rappelons d’abord qu’à la base, l’acné est une maladie des glandes sébacées. Ces glandes sécrètent une substance grasse : le sébum, qui bouche les pores et provoque deux types de lésions, quand il se dégrade, des comédons et des boutons, qui s’infectent lors de la contamination par la bactérie P.acnès. Les hormones mâles jouent également un rôle important dans le déclenchement de l’acné. On n’en connaît pas encore toutes les raisons, mais, pas de doute, le stress y est pour beaucoup.
Attention aux produits cosmétiques mal adaptés ou de qualité médiocre. Changer de crème pour le visage non-stop peut également contribuer à déclencher des réactions cutanées ou des allergies, tout comme une mauvaise hygiène de vos outils et matériel de maquillage.
A classer dans les facteurs aggravants, tout ce qui entre en contact avec la peau : des mains qui touchent constamment la figure, des mèches de cheveux qui frottent le front ou les joues, des chapeaux ou autres casques de moto… Gardez à l’esprit que la peau n’aime pas être étouffée.

Cigarettes et soleil, pas question !
Si la cigarette est connue pour ses méfaits sur le teint et les rides, il faut savoir qu’elle cause également du tort dans le processus de guérison. Non seulement les cas d’acné sont plus courants chez les fumeuses, mais en plus elles répondent moins bien aux différents traitements dermatologiques.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le soleil n’est pas votre allié non plus en la matière. S’il améliore l’état de votre peau en l’épaississant, en asséchant les boutons et en dissimulant les marques avec un joli hâle doré, ce n’est que transitoire. Gare à l’effet “rebond” dès la rentrée de vacance, quand la peau s’affine et débronze… Idem pour les lampes solaires, en plus des autres risques bien connus…
Ne triturez surtout pas vos boutons. Vous créez des lésions qui s’infectent et laissent de vilaines cicatrices, sans oublier que vous permettez ainsi aux bactéries de contaminer les parties saines de votre peau.

Un problème de contraception ?
Il faut savoir que certains produits pharmaceutiques peuvent accentuer l’acné : la prise de vitamines B souvent présentes dans les compléments vitaminiques (B12 surtout et B6), la prise de cortisone, ou encore, certains traitements antiépileptiques. La contraception peut déclencher de l’acné tardive. Certains contraceptifs connus, notamment ceux qui contiennent du levonorgestrel, un progestatif de synthèse, aggravent l’acné. Les menstruations, les grossesses et la sensibilité hormonale interviennent également, c’est pourquoi on recommande souvent de faire un bilan hormonal avant de débuter un traitement contre l’acné.

Les solutions
Bonne nouvelle, tôt ou tard, l’acné se guérit. Les cas d’acné au-delà de la cinquantaine sont rares. En attendant, heureusement, il existe des solutions. En cas d’acné légère, on peut tenter de se soigner soi-même. Adopter une meilleure hygiène de vie, utiliser des produits non comédogènes, démaquiller et nettoyer son visage deux fois par jour avec des soins adaptés.
Toutes les marques de cosmétiques proposent leur gamme de produits pour peau grasse et acnéique. Si elles ne sont pas la solution, elles contribuent largement à améliorer l’état d’une peau irritée.
Des tas de traitements de fond contre l’acné sont en vente libre en pharmacie. Les plus efficaces sont à base de trétinoïne, d’acide salicylique, de peroxyde de benzoyle ou de lipohydroxyacide (LHA). Souvent mise en avant par les dermatologues et réputée pour son efficacité, la gamme Effaclar de La Roche Posay mise également, entre autres composants, sur le lipohydroxyacide. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien qui vous aidera à faire le tri pour choisir un produit idéal et adapté à votre cas.

Imperfections D-Tox, Innéov, du zinc comme actif de référence

Dans le cas d’une acné sévère et persistante, une consultation chez le dermatologue s’impose. Parmi les traitements les plus souvent proposés, la tétracycline : un antibiotique à action anti-inflammatoire qui, associé à un traitement local pour une période de 4 à 6 mois, freine les sécrétions sébacées et diminue l’inflammation.
Certains contraceptifs peuvent améliorer l’acné, tels ceux à base d’acétate de cyprotérone ou de norgestimate. La nouvelle génération des contraceptifs oraux – Diane 35, par exemple – constitue un traitement hormonal efficace sur une acné modérée. Quelques réserves sont à émettre sur cette pilule contraceptive, dont il faut surveiller les effets sur le foie et les seins (développement de tumeur dans certains cas exceptionnels). Enfin, le traitement dermatologique le plus puissant reste, à ce jour, l’isotrétinoïne. Les résultats sont surprenants, mais s’accompagnent d’inconvénients majeurs : une sécheresse cutanée extrême et la contraception obligatoire pendant le traitement et les deux mois qui en suivent l’arrêt. À savoir que l’isotrétinoïne, bien connue autrefois sous le nom de Roaccutane, ainsi que ses génériques sont dans le collimateur de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Elle est soupçonnée d’avoir provoqué une trentaine de suicides chez les adolescents. La prudence s’impose.

Acné et alimentation, fini les idées reçues !
Contrairement à ce que nos mères nous répétaient sans cesse, chocolat et charcuterie ne seraient pour rien dans nos poussées d’acné. Récemment, de nouvelles études scientifiques ont mis en avant que la cause de l’acné serait à rechercher dans notre alimentation qui se base essentiellement sur des produits céréaliers trop raffinés, tels que pain, pâtes et riz blancs. En résumé, deux cas concrets : certaines tribus reculées de Papouasie ne connaîtraient absolument pas l’acné, parce que leur alimentation ne comporte aucun produit de ce type. Idem pour les Inuits qui développent de l’acné depuis qu’ils mangent les mêmes produits alimentaires industriels que les Américains et les Européens. Dans un livre sur le sujet The dietary cure for acne, le Dr Loren Cordain Ph.D., du Department of Health and Exercise Science de l’université de l’État du Colorado, propose une nouvelle théorie et un régime alimentaire qui a fait ses preuves, à condition de s’y tenir. Selon elle, c’est l’insuline qui serait le lien entre nos habitudes alimentaires et l’acné. Sa production est stimulée par les aliments à indice glycémique élevé, tels que les hydrates de carbone et les sucres. Un taux élevé d’insuline dans notre organisme a des répercussions sur notre fonctionnement hormonal et augmente la production des androgènes, les hormones responsables de la production excessive de sébum qui bouchent nos pores. Autre conséquence du taux élevé d’insuline : l’inflammation des cellules de la peau, qui sont obstruées par le sébum. Le remède ? Une alimentation saine, dont on a supprimé tous les hydrates de carbone raffinés, au profit des céréales complètes, dans laquelle on privilégie l’huile d’olive et de laquelle on élimine tous les produits laitiers. Ajouter à cela la consommation de poisson et de volaille, de légumes et de fruits à volonté, sans oublier les noix. Selon le Dr Loren Cordain, les résultats sont garantis en trente jours. En supplément, trente mg de zinc et deux à quatre g d’huile de poisson. Quoi qu’il en soit, ces conseils alimentaires sont de bon sens et ne peuvent qu’être bénéfiques pour la peau, voire même pour la santé en règle générale.

Pour conclure, côté maquillage, foncez sur les textures ultra légères. Fonds de teint et poudres minérales doivent être vos premiers choix, car ce sont les seuls qui dissimuleront discrètement vos imperfections, tout en n’aggravant pas votre acné. Enfin, quelle que soit la méthode de soin choisie, souvenez-vous que l’acné n’est pas une fatalité et qu’un rendez-vous chez un bon dermatologue vous évitera bien des égarements.




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