Helena Noguerra, quand âme et talent riment sans besoin d’argent…

Si la pièce « Le Roman d’un trader » rappelle que nous subissons
toujours les effets de la crise lancée par les fantaisies boursières,
nous en avons profité pour poser à Helena quelques questions
indiscrètes sur deux ou trois sujets tabous…

1. Quel est votre rapport à l’argent ?

Très simple. Il m’aide à m’acheter du temps libre. Il est synonyme
de liberté, d’indépendance justement. Je n’en ai pas un besoin
excessif.

2. Que faites-vous de votre argent ? Le placez-vous ou le
dépensez-vous, ou comment le dépensez-vous ?

Oh non, aucun placement. De toute façon je n’en gagne pas
assez. Sinon je le dépense en achetant des disques, des
livres, en allant au restaurant ou en partant un peu en voyage.
Je ne suis pas une grande consommatrice de vêtements,
ni d’appareils Hi-fi ou autres. Je n’ai pas de voiture. Je suis
contre la consommation, je ne change de téléphone que
quand il se casse ou que l’on me le vole. Ma télé a 15 ans,
ainsi que ma chaîne Hi-fi. Ce n’est pas de la radinerie mais un
refus de consommer, c’est une pensée écologique!

3. Est-ce qu’on joue dans la vie comme on joue en bourse ?

Aie ! Je ne sais pas, je n’ai aucune notion de bourse!
Je joue ma vie comme un film plutôt. Je la rêve, je la sublime, je
la colorie, j’en ris, j’en pleure mais je ne spécule en tout cas

jamais sur l’avenir…il n’existe pas!

4. Dans la pièce, vous êtes habillée par Paule Ka, simple et chic.
L’habit fait-il le moine ? Ou dans la vie comme sur scène, tout
se joue-t-il sur des apparences ?

Oui, je crois que les apparences sont encore trop importantes
et que l’habit a toujours cette fonction de reconnaissance
presque « clanique ».
C’est idiot mais très réel. Nous exprimons par notre
apparence une appartenance à un groupe, une pensée,
une idéologie….C’est bien? C’est mal? Je ne sais pas…. Il
est parfois dommage de voir a quel point la dictature de la
jeunesse, du beau peut être étouffante pour notre société.
C’est un manque de liberté, une forme d’oppression que nous
subissons. Il faut apprendre à être des insoumis. Soyons
plus libres et surtout laissons les autres libres d’être ce qu’ils
veulent être…

5. Quel est l’objet hors de prix que vous rêvez de posséder
comme le veau d’or de Julie, cette œuvre d’art qu’elle veut
obtenir absolument ?

Oh, une petite chaumière normande me suffirait amplement.
Avec une belle cheminée et une vache dans le jardin….

6. Qu’est-ce qui n’a pas de prix pour vous et qui est votre luxe le
plus absolu ?

Ma liberté ou ce que je prends pour telle. Cette impression que je
fais ce qui me plaît, enfin autant que faire se peut…

7. Un petit luxe dans la vie de tous les jours qui vous fait fondre

de plaisir ?

Les macarons de Ladurée. Le parfum « Joy »de Patou. Un rendez-
vous amoureux.

8. Quel serait le cadeau que vous rêvez de faire à quelqu’un que
vous aimez ?

J’aimerais offrir à une amie très chère une bague Cartier.
A mon amoureux, un clavecin.
A mon fils, une voiture.
A ma mère, une maison.

7. La crise a-t-elle eu des répercussions matérielles sur les
comédiens ? Le ressentez-vous à votre niveau ?

Oh oui! Oh oui! Moins de travail, moins d’argent et la peur
que tout s’arrête! Mais nous sommes des saltimbanques et
nous irons de château en château, tels des griots, chanter le
monde….

8. Quels sont vos projets après la pièce ?

Je pars en tournée avec le groupe  » Nouvelle Vague » ou
je remplace une amie enceinte. Nous partons en Grèce,
au Portugal et puis aux U.S.A. Puis je commencerai à
tourner « Mafiosa » une série pour Canal + avec Thierry Neuvic,
avant d’enregistrer un nouvel album.

9. Quand reviendrez-vous à Luxembourg ?

Je ne sais pas mais j’espère au plus vite. J’ai rencontré une
joyeuse bande de comédiens : Valérie Bodson et son fils,
Jules, Caty Baccega, Catherine Marques, Joel Delsaut…Et ils

me manquent….

Nous, c’est sûr, nous sommes impatients de la revoir chez
nous…


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